La Divine Comédie de Dante

La Divine Comédie de Dante

Une histoire d’amour… Une histoire d’amour du Mal (l’Enfer), du Bien sans juste mesure (le Purgatoire) et du Bien raisonné (le Paradis) dans laquelle l’auteur se met en scène et voyage dans les régions infernales, épaulé par le poète Virgile, guidé par le poète Stace à la fin du Purgatoire et accompagné par la femme inspiratrice de la Comédie, la muse, la bien-aimée : Béatrice Portinari, dans les ciels du Paradis.

Après la lecture de L’art de la mémoire  de Frances Amalia Yates (chercheure à l’Institut Warburg de Londres), j’ai envisagé de considérer cette œuvre de Dante comme un système de mémoire, destiné à mémoriser les différentes régions de l’Enfer et les châtiments associés à l’aide « d’images frappantes » (expression empruntée à Cicéron), afin de retenir des lieux et des pénitences au Purgatoire et d’acquérir des vertus au Paradis.

L’étude de la vie de Dante est intrinsèquement liée à son œuvre, écrite sur une dizaine d’années, en exil, loin de la ville si chère à son cœur, Florence. Dante, un poète, qui fut un citoyen impliqué politiquement dans la vie de sa cité, au moment où des guerres fratricides menaçaient l’équilibre fragile de la Toscane, prise dans les luttes et combats entre les Guelfes (impérialistes) et les Gibelins (papistes). Dans son ouvrage Il Convivio (le Banquet), Dante est un fervent défenseur de la séparation des pouvoirs temporels et spirituels. Dante participe à de nombreuses batailles sur le terrain. Comdamné à mort s’il restait à Florence (« igne comburatur sic quod moritur », « brûlé vif jusqu’à ce que mort s’en suive »), il choisit l’exil et ne reviendra plus jamais à Florence, quittant famille et amis. Dante devient un homme qui marche, un vagabond qu’on accueille.

Il écrit ainsi sa Comédie en exil et nous raconte les différentes étapes de son voyage initiatique pour retrouver Béatrice au Paradis terrestre. Ce voyage s’effectue en une semaine. La Comédie est aussi une histoire de vengeance : vengeance de Dante contre ses détracteurs, contre ses ennemis, contre les traîtres, contre ses contemporains qu’il se plaît à faire souffrir en Enfer.

Il choisit comme guide en Enfer et au Purgatoire le poète Virgile, « son doux père » , « son guide », « son compagnon », auteur de l’Enéide. Dante insère plusieurs épisodes de l’exil d’Enée, de Troie en flammes à la conquête de l’Italie par le héros virgilien. Virgile rassure, protège, explique. Enée est une sorte de miroir pour Dante, que ce dernier évoque pour se donner du courage. Le poète Stace les rejoint au Purgatoire, lui-même ayant fait son temps de pénitence. Béatrice apparaît au Paradis terrestre et accompagne Dante au paradis céleste. Elle est le « soleil », « la mère », la belle dame », « la muse » éclatante de lumière qui rit et qui présente les élus au Paradis céleste.

Dante convoque Ovide tout au long de ses trois voyages à travers Les Métamorphoses car la Comédie est aussi magique, sous influence des dieux païens et du dieu chrétien. Il utilise les Métamorphoses pour mieux étayer son propos, comme les frères prédicateurs : répéter les images afin qu’elles s’imprègnent chez le lecteur. Les images foisonnantes que provoque Dante pour le spectateur sont des « images frappantes » puisque ordonnées chacune dans des lieux précis. On peut penser que Dante, l’érudit, connaissait parfaitement les textes sur la mnémotechnique de Cicéron, ainsi que la Summa de Saint Thomas d’Aquin. Dante est minutieux dans chacune de ses descriptions. Il utilise la répétition pour que les images soient mémorisées. Elles provoquent de la pensée en mouvement. Il utilise les avertissements, les prophéties, les songes, les enseignements, les allégories, la mythologie gréco-romaine. Les images, les chiffres, les lettres, les mots (en particulier les néologismes au Paradis) et les sons ont un pouvoir magique à caractère talismanique. L’imagination du lecteur est fortement ébranlée. Dante est un sculpteur. Il fait apparaître des images tridimensionnelles chez le lecteur, multipliant les scènes, les informations, les symboles.

La Divine Comédie est une œuvre à lire et à relire, un puits sans fond de découvertes pour le lecteur. Elle propose un voyage initiatique,

L’Enfer

Le Purgatoire

Le Paradis

Syndrome de Stendhal

Une série inspirée par de multiples voyages en Italie, en particulier à Florence, ville du poète Dante. Florence, ville dont un syndrome porte le nom. A la lecture de l’ouvrage de la psychiatre Graziella Magherini, la question est posée : quel artiste pourrait en souffrir ? L’écrivain éclairé Stendhal, en 1817, sortant de l’église Santa Maria Croce convulse et suffoque : trop de beautés concentrées…

Quintessence de cinq années à éduquer le regard , d’études et de dessins dans les musées parisiens (notamment le Louvre), l’apprentie peintre et dessinatrice, que je suis, comprend inconsciemment ce qui est en jeu et mêle en une œuvre les ami-e-s imaginaires, que j’ai salués jour après jour (petit rituel).

Faire, défaire et refaire des petites histoires dans l’histoire de l’art…

Toros y Toreros

 Compréhension,avec grande émotion, dans les arènes de Nîmes et de Gap, de l’intérêt porté par les artistes pour ce rituel de vie et de mort,du féminin et du masculin ; des rites de passage ; du concept de bouc émissaire, de l’individualisme à l’hystérie collective… Et compréhension de la phrase de Picasso : « je ne peints pas ce que je vois mais ce que je pense ».